Chapitre 5: Quelles sont les contraintes pesant sur les politiques économiques dans la zone euro?

Penses à ton orientation.

Notre aide pour la lettre de motivation.

PLAN: Quelles sont les contraintes pesant sur les politiques économiques dans la zone euro?

Une coordination nécessaire mais difficile des politiques économiques:

  • Le choix d'une politique monétaire unique pour 17 pays.
  • La coordination des politiques budgétaires dans la zone euro.
  • La cohérence entre les politiques budgétaires nationales et la politique monétaire de la BCE.

Le financement du déficit budgétaire par l'impôt:

  • Le découragement à l'activité.
  • L'impôt provoque une épargne de précaution.

Le financement du déficit budgétaire par l'emprunt:

  • Un possible rétablissement automatique du solde budgétaire.
  • Une pénalisation de l'investissement privé.
  • Un effet boule de neige de la dette publique.

SYNTHESE: Quelles sont les contraintes pesant sur les politiques économiques dans la zone euro?

Une coordination nécessaire mais difficile des politiques économiques:

Le choix d'une politique monétaire unique pour 17 pays.

La politique monétaire est menée par la Banque centrale européenne (BCE) qui doit se référer à la situation des 17 pays qui composent la zone euro. Or, la conjoncture de ces pays peut très bien exiger des politiques monétaires différentes.

Par exemple, les États qui connaissent un ralentissement de leur activité économique (faible croissance, chômage important, faible inflation) souhaiteraient une politique accommodante qui privilégie l'expansion de la masse monétaire et la baisse des taux d'intérêt (cette baisse permettrait de relancer, par exemple, la consommation à crédit et, surtout, l'investissement).

Par ailleurs, les pays qui se trouvent en situation conjoncturelle inverse (croissance forte, plein emploi, début de tension sur les prix) préféreraient une politique monétaire restrictive caractérisée par une hausse des taux d'intérêt.

Cependant, la BCE décide non pas pour un groupe de pays mais pour l'ensemble de la zone. Dans ce cas, on peut imaginer qu'elle tient compte de la moyenne des performances de tous les pays.

En conséquence, la politique monétaire choisie risque d'être:
  • Trop restrictive pour les pays en récession;
  • Trop accommodante pour les pays en expansion.

La coordination des politiques budgétaires dans la zone euro.

Lorsqu'un pays décide de relancer son activité économique par le déficit budgétaire, le supplément de revenu que perçoivent les ménages peut être utilisé pour acheter des biens en provenance d'autres pays de la zone euro. Ainsi, la relance budgétaire se heurte à une contrainte extérieure qui atténue les effets sur la demande intérieure tout en profitant aux partenaires commerciaux.

Une solution possible consiste à coordonner les politiques des États de la zone de sorte qu'ils relancent tous en même temps. En effet, les fuites de demande qu'un pays A connaît au profit d'un pays B peuvent être compensées par des fuites de demande du pays B vers le pays A lorsqu'il pratique lui aussi un politique de déficit budgétaire.

La cohérence entre les politiques budgétaires nationales et la politique monétaire de la BCE.

Les objectifs poursuivis par la BCE et les gouvernements nationaux ne sont pas forcément compatibles. La première a pour mission principale la stabilité des prix, alors que les seconds visent le plein emploi. Aussi, des politiques de relance menées conjointement par les États membres provoquent une hausse de la demande sur le marché des biens et services, et donc des risques d'inflation (sur un marché, le prix s'élève lorsque la demande augmente sans que l'offre ne suive, tout au moins dans un premier temps).

À ces risques d'inflation, la BCE répond par une hausse des taux d'intérêt qui freine la demande de consommation et d'investissement, poussant les gouvernements à creuser encore les déficits pour soutenir la demande. Ce à quoi la BCE peut répondre à nouveau par une hausse des taux d'intérêt. Une concertation entre ces centres de décision de la politique économique apparaît souhaitable.

Le financement du déficit budgétaire par l'impôt:

Les dépenses du budget de l'État peuvent être financées par l'impôt. Dans ce cas, le solde budgétaire de l'État est nul. Cependant, le financement par l'impôt peut présenter des effets pervers.

Le découragement à l'activité.

Lorsque le taux d'imposition augmente (ou le taux de prélèvements obligatoires, si l'on ajoute les cotisations sociales et les impôts, le tout rapporté au PIB), les agents économiques peuvent freiner leur activité. C'est le cas des entreprises qui seraient moins enclines à investir, la rentabilité des projets d'investissement étant affectée négativement par l'impôt.

C'est aussi le cas des ménages qui peuvent décider de travailler moins, d'épargner moins. Ce problème est illustré par l'effet Laffer, selon lequel les recettes fiscales augmentent dans un premier temps avec la hausse du taux d'imposition, pour diminuer ensuite.

L'impôt provoque une épargne de précaution.

Les ménages peuvent très bien penser que l'État relèvera demain les impôts pour combler le déficit creusé aujourd'hui. Dans ce cas, ils préfèrent épargner en vue de ces futures hausses d'impôt. Ainsi, le supplément de revenu versé par l'État, qui cherchait à encourager la consommation, n'est pas affecté à cet emploi et ne permet pas de soutenir la demande qui s'adresse aux entreprises.

Le financement du déficit budgétaire par l'emprunt:

Un possible rétablissement automatique du solde budgétaire.

Lorsque les recettes de l'État sont insuffisantes pour faire face aux dépenses prévues, celui-ci emprunte la différence, et le déficit budgétaire apparaît. On peut mettre en évidence les effets attendus de cet emprunt: la relance de l'activité économique qu'il permet (hausse de la demande qui s'adresse aux entreprises, hausse de la production et des revenus distribués) conduit à la fois:

  • A une baisse des dépenses publiques (moins d'allocations chômage, par exemple);
  • A une hausse des recettes fiscales (en raison de la hausse des revenus distribués).
Au final, l'équilibre budgétaire est rétabli.

Une pénalisation de l'investissement privé.

Lorsque l'État emprunte sur les marchés financiers (en vendant des obligations) pour combler le déficit budgétaire, il est amené à proposer un taux d'intérêt au moins aussi intéressant que celui qu'offrent les entreprises privées pour faire appel public à l'épargne. Dans ce cas, les ménages préfèrent acheter des titres de la dette publique, dite aussi dette souveraine, pour un même taux d'intérêt que des titres de dette privée (obligations émises par les entreprises) car les risques de non-remboursement sont quasi nuls dans le cas d'un État.

Ainsi, l'État détourne à son profit l'épargne des ménages au détriment des projets d'investissement des entreprises privées. Pour capter cette épargne du public, les entreprises sont contraintes de proposer des taux d'intérêt plus élevés (elles offrent ainsi une prime de risque aux acheteurs de leurs obligations). Il en résulte une moindre demande du côté de l'investissement privé, qui freine l'activité économique.

Un effet boule de neige de la dette publique.

Lorsque le déficit budgétaire est répété dans le temps, la dette publique s'accroît: les flux de déficits annuels alimentent le stock de dette publique. Malheureusement, l'augmentation de la dette publique fait croître les charges d'intérêt que doit payer l'État, et donc les dépenses publiques. Si les déficits budgétaires ne parviennent pas à relancer suffisamment l'activité économique pour que les recettes fiscales s'améliorent, le déficit initial se creuse et la dette publique grimpe mécaniquement.

Enseignement et formation pédagogiques