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Chapitre 8: Pourquoi et comment mettre en œuvre une croissance soutenable?

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PLAN: Pourquoi et comment mettre en œuvre une croissance soutenable?

  • Les déséquilibres actuels de la croissance.
  • La nécessité d'une nouvelle forme de croissance: le développement durable.
  • Les indicateurs de développement durable.
  • Les instruments du développement durable.

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SYNTHESE: Pourquoi et comment mettre en œuvre une croissance soutenable?

Les déséquilibres actuels de la croissance

La croissance économique s'accompagne de nombreux déséquilibres qu'il convient de repérer et d'analyser pour mieux les combattre:

  • Tout d'abord, des déséquilibres sociaux plus ou moins conséquents entre les nations mais aussi à l'intérieur de celles-ci, aboutissant à des écarts de revenus parfois importants entre les plus riches et les plus pauvres;
  • Ensuite, des déséquilibres démographiques puisque la croissance de la population d'une nation est un important facteur de croissance économique. C'est ainsi que les pays émergents bénéficient du dynamisme de leur croissance démographique alors qu'à l'inverse, les pays développés entrent dans un hiver démographique à même de brider leur croissance économique;
  • Enfin, des déséquilibres écologiques puisque la volonté de croissance tous azimuts de l'ensemble des nations implique une pression inacceptable sur les stocks de matières premières et une diminution préoccupante de la plupart des ressources naturelles.

La nécessité d'une nouvelle forme de croissance: le développement durable

Croissance et développement sont des notions interdépendantes. La croissance économique ne peut s'installer durablement que si elle s'appuie sur un développement robuste. Système éducatif performant, compétence de la main-d'œuvre, infrastructures adéquates sont autant d'éléments nécessaires à la création de valeur, à l'augmentation du PIB. En retour, le développement va pouvoir se nourrir de cette richesse créée pour améliorer de nouveau le niveau et les conditions de vie des agents. Le développement est une fin dont la croissance économique est le moyen.

Toutefois, l'utilisation de la croissance économique comme mesure de l'activité connaît des limites: la volonté de consommer toujours plus, d'améliorer sans cesse la croissance et le développement économique, peut en effet amener l'humanité dans une impasse. D'une part, parce que nos ressources sont limitées et que leur capacité à se renouveler n'est pas automatique: sans elles, la croissance et le développement sont impossibles. D'autre part, parce qu'une activité humaine trop intensive peut dégrader l'écosystème au point de rendre l'environnement difficilement vivable.

C'est pour pallier ces incomplétudes de la croissance économique que le concept de développement durable a été inventé. Ce concept a été défini en 1987, dans un rapport de la ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland intitulé Notre futur à tous, comme étant un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Ainsi, il affirme l'idée fondamentale selon laquelle le développement doit concilier croissance économique, respect des équilibres naturels de la planète et respect des équilibres sociaux: les trois axes du développement durable.

Les indicateurs de développement durable

Qui dit plusieurs axes et plusieurs principes dit aussi plusieurs indicateurs. Le développement durable nécessite donc de nombreux indicateurs pour quantifier chacune de ses dimensions économique, écologique et sociale. Les indicateurs les plus fréquemment utilisés sont l'indice de développement humain (IDH), l'empreinte écologique et le PIB vert.

L'IDH a été développé suite aux travaux de l'économiste indien Amartya Sen (prix Nobel en 1998) et il est calculé chaque année, depuis 1990, par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Tentant d'appréhender le développement à travers plusieurs de ses dimensions, il synthétise trois indices spécifiques: un indice de niveau de vie (à savoir le PIB par habitant corrigé des extrêmes), un indice de longévité (l'espérance de vie à la naissance) et un indice de savoir (comprenant le taux d'alphabétisation des adultes et le nombre moyen d'années d'études).

L'IDH doit permettre d'évaluer les progrès accomplis et ceux restant à accomplir par les nations, de déterminer les domaines d'action prioritaires, et d'effectuer des comparaisons spatiales et temporelles du développement.

Développée au début des années 1990 par William Rees et Mathis Wackernagel (professeurs à l'université de Vancouver), l'empreinte écologique mesure la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources (nourriture, chauffage, habitat.) et à ses besoins d'absorption de déchets. Elle reflète le degré d'utilisation de la nature par l'homme à des fins de production et de consommation matérielles.

Selon le WWF (Wild World Fund for nature), l'empreinte écologique globale de l'humanité a pratiquement doublé au cours des 35 dernières années et dépasse de 20 % les capacités biologiques de la planète. L'empreinte par personne des pays à hauts revenus est en moyenne six fois plus élevée que celle des pays à faibles revenus.

Le PIB vert est un PIB corrigé des atteintes à l'environnement. L'idée qui préside à sa construction est simple: évaluer en unités monétaires les réalités économiques oubliées dans le calcul du PIB. Il s'agit d'ajouter au PIB les valeurs estimées de certains grands facteurs de bien-être, puis de retrancher les coûts estimés des principaux dommages sociaux et écologiques associés à notre mode de croissance. L'avantage du PIB vert est de pouvoir être directement confronté au PIB, en utilisant un outil de mesure coutumier: les unités monétaires.

Les instruments du développement durable

Pour atteindre les objectifs que s'assigne le développement durable, trois instruments sont envisageables: les instruments fiscaux, réglementaires et économiques. Ces outils peuvent ainsi être utilisés par les décideurs politiques lorsqu'ils souhaitent mettre en œuvre des politiques visant à promouvoir le développement durable.

Ils ont pour objectif d'orienter les processus de décision des agents en les incitant à se comporter en éco-citoyens.
  • Les instruments fiscaux consistent à taxer les activités générant des externalités négatives et à subventionner celles générant des externalités positives. Le bonus-malus écologique est un bon exemple de ces écotaxes.
  • Les instruments réglementaires consistent à interdire ou à limiter la production de certains biens ou services jugés nocifs (interdiction des chlorofluorocarbones [CFC] dans les réfrigérateurs.).
  • Les instruments économiques visent à créer des marchés relatifs à ces externalités pour que les prix intègrent naturellement les nuisances générées (par exemple, le marché des permis d'émission de dioxyde de carbone mis en place suite au protocole de Kyoto).

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