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Chapitre 15: Faut-il s'endetter?

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PLAN: Faut-il s'endetter?

Les différents modes de financement mobilisables.

  • L'autofinancement.
  • Le compte courant d'associés.
  • L'emprunt bancaire.
  • L'augmentation de capital.

L'arbitrage entre les modes de financement à long terme.

Les enjeux de l'arbitrage entre les modes de financement à long terme.

SYNTHESE: Faut-il s'endetter?

L'entreprise évolue dans un contexte économique qui nécessite de prendre des décisions stratégiques afin d'être en mesure de poursuivre, voire de développer son activité. Ces décisions sont diverses: procéder à un investissement, créer un laboratoire de recherche et développement, se développer à l'international.

Chacune d'elles va nécessairement déclencher une réflexion sur le choix du mode de financement. Les objectifs des dirigeants seront alors de repérer les modes de financement mobilisables dans le contexte de l'entreprise, mais également d'identifier les paramètres qui vont intervenir sur le choix du ou des modes de financements les plus opportuns.

Un arbitrage devra ainsi être pour dégager la solution de financement la plus performante pour l'entreprise, tant en termes de coûts que de gouvernance.

Les différents modes de financement mobilisables.

L'autofinancement:

L'autofinancement provient des ressources générées par l'activité de l'entreprise. Il s'agit donc d'un mode de financement interne qui permet à l'entreprise de se financer sans recourir à des ressources extérieures.

L'autofinancement est ainsi issu de la réussite passée ayant dégagé une capacité d'autofinancement suffisante pour faire face à présent à des besoins de financement. À cette CAF, il faut cependant retrancher le montant des dividendes distribués pendant l'année.

Avantages.
  • Pas de charges financières.
  • Exigences moindres en termes de rentabilité de l'investissement à financer.
  • Rapidité de mise en œuvre.
  • Simplicité de mise en œuvre.
  • Indépendance tant dans la décision que dans la gouvernance de l'entreprise.
  • Rassurant pour les partenaires économiques et les dirigeants.
  • Pas de coût apparent.
Limites.
  • Dépend de la distribution de dividendes.
  • Ne permet pas de déduire des charges d'intérêts du résultat, donc pas d'économie d'impôt.
  • Le côté rassurant, facile et l'absence de coût apparent peut conduire à réaliser un investissement non rentable.
  • Une fois le montant d'autofinancement utilisé pour un investissement donné, ce mode de financement n'est plus disponible pour d'autres projets dans un avenir proche.
  • Renouvellement de l'autofinancement lié aux résultats de l'entreprise.
  • Éventuellement, coût d'opportunité.

Le compte courant d'associés:

Le compte courant d'associés est une créance de l'associé sur la société. Les sommes prêtées par un associé (ou plusieurs) et déposées sur ce compte au profit de l'entreprise peuvent générer des intérêts versés à l'associé concerné. Elles sont donc positionnées au passif du bilan en tant que ressources et donneront lieu à un remboursement ultérieur.

Il s'agit d'une véritable source de financement pour l'entreprise. L'utilisation du montant du compte courant d'associés mobilise une ressource interne, puisque déjà présente dans le passif du bilan de l'entreprise. Cependant, dans un contexte de besoin de financement, ce compte courant d'associés peut être nouvellement alimenté. Une ressource nouvelle est ainsi accessible.

Le compte courant d'associés peut être alimenté par:
  • Le versement direct de sommes.
  • Le transfert de sommes initialement dues par la société à l'associé concerné. Cela se réfère en général à des rémunérations, des dividendes, des remboursements de frais de déplacement.
Avantages.
  • Simple à mettre en place.
  • Rapide à utiliser.
  • Permet de dégager des économies d'impôt puisque des charges d'intérêts seront versées.
  • Véritable source de financement pour l'entreprise qui n'est pas issue de résultats passés.
Limites.
  • Dépend de la volonté des associés actuels.
  • Augmente le poste des dettes et emprunts divers au passif du bilan.
  • Augmente les charges financières de l'entreprise puisqu'il faut verser des intérêts aux associés ayant déposé ces sommes.
  • Réglementation stricte du fonctionnement du compte courant d'associés (hauteur des taux d'intérêt, conditions de maintien des sommes sur le compte courant d'associés.).

L'emprunt bancaire:

L'emprunt bancaire est une source de financement en provenance de l'extérieur de l'entreprise. Il s'agit d'un versement effectué en général par un organisme bancaire qui donnera lieu ultérieurement:

  • Au remboursement du capital emprunté.
  • Au versement de charges d'intérêts rémunérant le service rendu par la banque.

Les modalités du versement réalisé du montant emprunté, des dates de remboursement du capital et du taux d'intérêt à supporter font l'objet d'une négociation entre l'entreprise et l'organisme prêteur, principales parties prenantes concernées par ce mode de financement. La situation financière de l'entreprise et son pouvoir de négociation vont peser sur les modalités d'exécution de l'emprunt.

Avantages.
  • Permet de dégager des économies d'impôt puisque des charges d'intérêts seront versées.
  • Comme il est fréquent, le mécanisme est bien connu des dirigeants.
  • Offre bancaire variée pouvant être adaptée aux besoins de l'entreprise: durée, taux, modalités de remboursement.
Limites.
  • Augmente les charges financières de l'entreprise puisqu'il faut verser des intérêts à l'organisme prêteur.
  • Augmente les dettes de l'entreprise.
  • Dépend de l'accord de l'organisme prêteur.
  • Détériore les indicateurs de capacité de remboursement, taux d'endettement sur la durée de l'emprunt.
  • Dépend de la santé financière actuelle de l'entreprise. Un refus, total ou partiel, de la demande d'emprunt peut être prononcé.
  • Un emprunt d'aujourd'hui freine les emprunts de demain: le recours à l'emprunt à une date donnée empêche souvent d'y recourir de nouveau ultérieurement, tant que le remboursement n'est pas terminé.

L'augmentation de capital:

L'augmentation de capital consiste à faire croître le capital social de l'entreprise.

Il est possible d'augmenter ainsi le capital au travers de plusieurs modalités:
  • En créant de nouvelles actions ou parts sociales achetées par les actionnaires ou associés (anciens ou nouveaux).
  • En incorporant dans le capital social une partie des profits mis en réserves dans le passé et n'ayant pas été distribuée.

La modification du capital social d'une entreprise doit respecter certaines conditions réglementaires quant à la prise de décision en elle-même (assemblée générale) et aux conditions d'application (montant, délai, informations auprès des parties prenantes.

Création de nouvelles actions.
Avantages.
  • Ressource externe réellement nouvelle.
  • Amélioration de l'équilibre financier de l'entreprise: FRNG, ratio de couverture des emplois stables.
  • Indépendance financière vis-à-vis du système bancaire.
  • Maintien des capacités d'endettement pour d'autres financements.
  • Coûts immédiats de financement limités.
  • Pas de charges d'intérêts.
Limites.
  • Dilution des pouvoirs avec des anciens et/ou nouveaux associés.
  • Modification de la gouvernance de l'entreprise.
  • Dilution des bénéfices auprès d'un plus grand nombre d'associés.
  • Attractivité de l'entreprise indispensable pour attirer de nouveaux associés.
  • Exigences des associés nouveaux/anciens au regard de la politique de distribution des bénéfices.
  • Difficulté de recourir de façon répétée à ce mode de financement.
  • Exigences fortes des associés futurs/anciens en termes de rentabilité financière.
  • Pas d'effet de levier possible.
  • Pas d'économies d'impôt issues des charges d'intérêts supportées.
Incorporation de réserves et/ou comptes courants d'associés.
Avantages.
  • Amélioration de l'équilibre financier de l'entreprise: FRNG, ratio de couverture des emplois stables.
  • Indépendance financière vis-à-vis du système bancaire.
  • Maintien des capacités d'endettement pour d'autres financements dans le futur.
  • Coûts immédiats de financement limités.
  • Simple à mettre en place.
  • Décision interne, peu d'impact en termes de gouvernance entre les parties prenantes (dirigeants, associés).
  • Pas forcément d'exigences fortes des associés futurs/anciens en termes de rentabilité financière.
  • Pas de charges d'intérêts.
Limites.
  • Difficulté de recourir de façon répétée à ce mode de financement.
  • Ressource déjà présente en interne au passif du bilan: pas de ressource réellement nouvelle.
  • Pas d'économies d'impôt issues des charges d'intérêts supportées.
  • Pas d'effet de levier possible.

L'arbitrage entre les modes de financement à long terme.

Le choix d'un montage financier mis en place face à un besoin de financement appartient aux différentes parties prenantes de l'entreprise. Chaque mode de financement obéit à des contraintes et dégage des avantages spécifiques. L'arbitrage entre les modes de financement à long terme retenus s'appuie sur une connaissance approfondie du contexte financier de l'entreprise.

La mobilisation d'un ou de plusieurs modes de financement repose sur les critères suivants:
  • Les indicateurs financiers permettant de porter un jugement sur la santé financière de l'entreprise. On y trouve ainsi le ratio de couverture des emplois stables, le ratio d'indépendance financière, la capacité de remboursement, le FRNG, le BFR, la trésorerie nette, les taux de rentabilité économique et de rentabilité financière.
  • Les prévisions sur la santé financière future de l'entreprise.
  • Les marges de manœuvre de l'entreprise en termes de négociation vis-à-vis des parties prenantes.
  • Les opportunités à saisir en termes d'effet de levier financier.
  • Les opportunités associées aux économies d'impôt propres à chaque mode de financement.
  • L'identification précise et l'analyse des coûts engendrés par chaque mode de financement.
  • La gouvernance au sein des différentes parties prenantes de l'entreprise.

La connaissance et l'interprétation de ces différents critères permettent de conclure sur le choix du mode de financement le plus opportun au regard du contexte de l'entreprise. Ce choix peut prendre la forme d'un montage financier au sein duquel plusieurs modes de financement seront mobilisés de façon complémentaire.

Les enjeux de l'arbitrage entre les modes de financement à long terme.

Les choix en matière de financement reposent sur des considérations financières et de gouvernance. Cependant, le montage financier retenu générera des conséquences issues de chaque mode de financement mobilisé, interne et/ou externe.

Le recours à l'emprunt bancaire:
  • Provoque une perte d'opportunité future de recourir à ce même mode de financement. Si l'entreprise projette de réaliser de nouveaux investissements dans un avenir plus ou moins proche, elle doit prendre en considération cette conséquence.
  • Impacte l'indépendance financière de l'entreprise. Cette situation est particulièrement vraie lors d'un recours systématique à ce mode de financement. L'entreprise doit alors se tourner vers un ou plusieurs autres modes de financement ou réaliser un financement mixte.
L'utilisation des réserves:
  • Peut permettre d'augmenter le montant du capital afin d'accroître les garanties et d'améliorer l'image financière de l'entreprise. Il s'agit d'un jeu d'écritures permettant le transfert des comptes de réserves au compte de capital:
  • Ne constitue pas une ressource nouvelle de financement disponible pour financer un investissement.
Le recours aux ressources internes.
  • Peut conduire à négliger les prévisions en termes de rentabilité économique attendue par le projet à financer. Une telle situation répétée dans le long terme peut nuire grandement à la performance de l'entreprise.
  • Peut limiter le développement de l'entreprise elle-même. Ainsi, si les parties prenantes ont tendance à privilégier la provenance interne des ressources, cela peut freiner la mise en place de projets porteurs de performances. En effet, si les ressources en question ne sont pas à la hauteur des besoins, cela peut conduire à annuler ou différer l'investissement.
La situation financière de l'entreprise.
  • Provient d'une étude du passé financier de l'entreprise. Le futur, surtout sur du long terme, peut ne pas être en phase avec les prévisions réalisées. Une analyse des risques pris, y compris financièrement, doit être menée.
  • Peut être jugée de façon erronée. Elle est évaluée à partir d'indicateurs financiers. La construction de ces outils de gestion repose sur le système d'information comptable, dont il faut s'assurer de la fiabilité. La qualité de la décision prise en matière de financement dépend de la qualité des outils de gestion utilisés.

Enseignement et formation pédagogiques