Chapitre 17: Comment anticiper les difficultés de trésorerie dans une entreprise?

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PLAN: Comment anticiper les difficultés de trésorerie dans une entreprise?

Les modalités d'équilibrage du budget de trésorerie.

  • Le recours aux prêteurs.
  • Les actions sur le besoin en fonds de roulement.

L'élaboration des documents prévisionnels de synthèse.

  • Le compte de résultat prévisionnel.
  • Le bilan prévisionnel.

SYNTHESE: Comment anticiper les difficultés de trésorerie dans une entreprise?

La réalisation du budget de trésorerie permet de prévoir le niveau de trésorerie pour les mois à venir. Lorsque cette prévision annonce des insuffisances de trésorerie, l'entreprise doit chercher des solutions pour y remédier au plus vite. Pour synthétiser les informations prévisionnelles obtenues, il est également conseillé d'établir un compte de résultat et un bilan prévisionnels.

Les modalités d'équilibrage du budget de trésorerie.

Lorsqu'une entreprise est confrontée à un manque de disponibilités, elle dispose alors de plusieurs solutions pour mettre fin à ce problème.

Le recours aux prêteurs:

Les concours bancaires.

Le découvert bancaire est un crédit à court terme accordé par la banque à l'entreprise, qui peut alors dépasser les disponibilités de son compte jusqu'à un montant autorisé et pendant une durée définie.

Le principal avantage de ce procédé est qu'il constitue un crédit souple, mis en place rapidement. Par contre, son coût est relativement élevé dans la mesure où les intérêts sont calculés à partir d'un taux important appliqué dès le premier centime de découvert. De plus, une commission est également prélevée et forme, avec les intérêts débiteurs, des frais appelés agios.

Une entreprise présente un découvert de 10 000 € pendant 20 jours. Le montant des agios prélevés est de 107,25 €:
  • Intérêts sur découvert: 10 000 × 15 % × (20 / 360) = 83,33 €.
  • Commission de découvert: 20 € HT et 3,92 € de TVA, soit 23,92 €.

La principale limite du découvert bancaire provient du fait qu'il n'est pas automatique et qu'il peut être refusé ou brutalement supprimé lorsque les difficultés persistent.

Le compte courant d'associés.

En cas de difficultés de trésorerie dans une société, chaque associé peut intervenir en proposant une aide financière. Cette opération correspond à une avance d'argent mis à la disposition par l'associé sur son compte courant, moyennant le versement ou non d'intérêts, et remboursable à tout moment. Ce procédé se différencie de l'apport en capital, qui est plus contraignant et génère le versement de dividendes.

Les difficultés de trésorerie de la SARL STM sont terminées depuis que l'associé principal a approvisionné son compte courant de 5 000 € supplémentaires. Cette avance est remboursable dès que la société aura amélioré sa situation financière.

L'apport en compte courant d'associés est un mécanisme largement utilisé dans la gestion de trésorerie et apprécié pour sa souplesse. Les intérêts dus par la société sont souvent inférieurs aux intérêts pratiqués par les banques, ce qui contribue à son succès.

À noter que la principale limite de cette solution est de pouvoir disposer d'un ou de plusieurs associés susceptibles de pouvoir mettre de nouveau de l'argent dans la société.

La cession des valeurs mobilières de placement.

Les valeurs mobilières de placement (VMP) correspondent à des titres (actions ou obligations) acquis sur les marchés financiers lorsque la trésorerie de l'entreprise présente un excédent. Leur détention est purement spéculative (volonté de réaliser un gain) et leur cession intervient normalement à court terme.

Dans le cas où l'entreprise connaît des difficultés de trésorerie, l'opération inverse peut être logiquement envisagée. Ainsi, il est possible de vendre tout ou partie du portefeuille de titres détenus afin d'encaisser des fonds et de subvenir aux besoins de trésorerie du moment.

Une entreprise présentant une insuffisance de trésorerie décide de vendre la moitié de son portefeuille de VMP. La cession de ces titres lui rapporte 8 000 € et permet de couvrir intégralement le besoin initial.

Les actions sur le besoin en fonds de roulement:

Une augmentation du besoin en fonds de roulement (BFR) constitue toujours un risque pour la trésorerie. En effet, à niveau de fonds de roulement net global (FRNG) constant, une progression du BFR fait mécaniquement diminuer le niveau de la trésorerie nette (TN) de l'entreprise en vertu de la relation étudiée dans le chapitre 13.

TN = FRNG – BFR.

Le dernier BFR trouve son origine dans les décalages du cycle d'exploitation, notamment la durée de stockage, les délais de règlement des clients, qui sont des éléments aggravants, contrairement aux délais de paiement des dettes (fournisseurs, fiscales et sociales) qui vont soulager la trésorerie.

L'expression simplifiée du BFR est la suivante.

BFR = Stock + Créances – Dettes.

Pour diminuer le montant de son BFR, l'entreprise doit agir sur les trois composantes et rechercher:

  • La réduction de ses stocks, en modifiant sa politique d'approvisionnement ou son organisation s'il s'agit de produits finis.
  • La diminution des créances clients, en ajustant au mieux sa politique commerciale de façon à favoriser un encaissement plus rapide.
  • La majoration des dettes, en négociant des délais de paiement plus importants auprès de ses partenaires, notamment ses fournisseurs.

Ces actions peuvent, dans l'idéal, intervenir de façon simultanée afin d'accroître leurs effets sur le montant du BFR.

L'élaboration des documents prévisionnels de synthèse.

La démarche budgétaire conduit à élaborer le budget de trésorerie qui constitue une forme de synthèse du travail prévisionnel. Ce dernier peut être justement prolongé par la réalisation d'un compte de résultat et d'un bilan prévisionnels.

Ces documents permettront alors de vérifier que la situation financière et les performances à venir seront bien conformes aux objectifs fixés.

Le compte de résultat prévisionnel:

Sa construction.

Le compte de résultat prévisionnel est réalisé à partir des informations contenues dans les différents budgets. Il s'agit de prendre en compte les mouvements (ou flux) générés par l'activité pour la période étudiée.

Les sommes sont toutes exprimées HT car elles correspondent aux charges ou aux produits à venir. Certains budgets ne seront pas sollicités (par exemple, le budget de trésorerie). Enfin, le compte de résultat prévisionnel est construit pour une période donnée, en principe le semestre ou l'année à venir.

Compte de résultat prévisionnel du ../../.. au ../../..

CHARGES:

  • Achats de matières premières/marchandises: Les informations figurent dans le budget des approvisionnements (ou éventuellement celui de production). Il faut reporter le montant total des achats de la période, qu'ils soient réglés ou non, pour le montant HT.
  • Variation de stocks des mat. 1res/marchandises: Les informations figurent dans le budget des approvisionnements (ou éventuellement celui de production). Il faut reporter le montant total des achats de la période, qu'ils soient réglés ou non, pour le montant HT.
  • Autres charges externes: Il faut additionner l'ensemble des salaires à verser au personnel au cours de la période. Ces montants sont budgétés ainsi que les cotisations sociales. Ici aussi, peu importe la date de paiement puisqu'il s'agit d'intégrer les charges prévisionnelles de la période.
  • Charges de personnel: Il s'agit de calculer la différence entre le stock de départ (figurant dans le bilan initial) et l'évaluation prévisionnelle de ce stock à la fin de la période étudiée.
  • Cotisations sociales: Il s'agit de calculer la différence entre le stock de départ (figurant dans le bilan initial) et l'évaluation prévisionnelle de ce stock à la fin de la période étudiée.
  • Dotations aux amortissements: Les dotations aux amortissements relèvent de la politique d'investissement de l'entreprise. Il faudra prendre en compte les dotations de la période concernant l'ensemble des immobilisations utilisées par l'entreprise.
  • Charges d'intérêts: Les charges d'intérêts sont liées aux emprunts existants et à venir. Leurs montants sont facilement budgétés en fonction du taux d'intérêt contractuel du crédit et de la durée de la période étudiée.
  • Résultat: (bénéfice).
  • Total.

PRODUITS:

  • Ventes de marchandises: Il s'agit de reporter le montant total des ventes prévues pour la période étudiée. Cette information est fournie par le budget des ventes.
  • Production vendue: Il s'agit de reporter le montant total des ventes prévues pour la période étudiée. Cette information est fournie par le budget des ventes.
  • Production stockée: Il s'agit de calculer la différence entre le stock de départ (figurant dans le bilan initial) et l'évaluation prévisionnelle de ce stock à la fin de la période étudiée.
  • Résultat: (perte).
  • Total.
Son interprétation.

Le principal intérêt d'un compte de résultat prévisionnel est de simuler l'activité pour la période étudiée et de mesurer ainsi la performance de l'entreprise. Cette démarche permet de valider, a priori, certaines décisions lorsque les projections seront favorables ce qui facilite le pilotage de l'entreprise.

La prévision des produits générés par l'activité et des charges consommées permettra d'apprécier la rentabilité à venir. Celle-ci devra également être compatible avec les exigences des associés notamment en termes de distribution de dividendes. Enfin la connaissance du compte de résultat prévisionnel est nécessaire pour contrôler que la capacité d'autofinancement de l'entreprise sera suffisante.

À noter que la production de ce document est rendue obligatoire par la loi sur la prévention des difficultés des entreprises pour les sociétés d'une certaine taille. Cela confirme le rôle essentiel de ces prévisions dans la gestion des entreprises.

Le bilan prévisionnel:

Sa construction.

L'établissement d'un bilan prévisionnel nécessite la connaissance de plusieurs informations. Il faut partir du bilan au début de la période étudiée et prendre en compte l'ensemble des mouvements susceptibles d'affecter les postes de ce bilan. Ces flux prévisionnels sont regroupés dans les budgets. À noter que certaines sommes peuvent être exprimées HT (immobilisations, stocks.) et d'autres TTC (créances et dettes).

Bilan prévisionnel au //
ACTIF:
  • Immobilisations nettes (dont amortissements cumulés de ...€): Il est nécessaire de tenir compte des investissements prévus au cours de la période ainsi que des cessions. Ces mouvements seront présentés dans le budget d'investissement. Il faudra également penser à majorer les amortissements cumulés du montant des dotations de la période (voir le compte de résultat).
  • Stocks de mat. 1res/marchandises/produits finis: Il s'agit ici de relever le montant des achats non consommés (matières premières et/ou marchandises) et des produits finis non encore vendus si l'entreprise développe une activité industrielle. Il faudra vérifier la cohérence avec la variation de stocks affichée dans le compte de résultat.
  • Créances clients: Le montant des créances clients est directement fourni par le budget des encaissements des ventes. Il s'agit alors de calculer la part des opérations non encore payées (ou de reporter le montant affiché dans la colonne Reste dû si cette information existe).
  • Disponibilités: Il s'agit de reporter le montant figurant dans le budget de trésorerie à cette date.
  • Total.
PASSIF:
  • Capital: Le montant à afficher est fonction de la politique de financement de l'entreprise. Il faudra, notamment, vérifier si un apport de fonds est prévu (augmentation de capital, nouvel emprunt) et identifier le montant des remboursements d'emprunts effectués pendant la période afin de les déduire. Toutes ces informations seront présentes dans le budget de financement, mais également dans le budget des encaissements et dans celui des décaissements.
  • Réserves: Il faut reporter le bénéfice (ou la perte) affiché(e) dans le compte de résultat prévisionnel. Ce dernier doit donc être réalisé avant.
  • Résultat.
  • Emprunts et dettes financières: Le montant à afficher est fonction de la politique de financement de l'entreprise. Il faudra, notamment, vérifier si un apport de fonds est prévu (augmentation de capital, nouvel emprunt) et identifier le montant des remboursements d'emprunts effectués pendant la période afin de les déduire. Toutes ces informations seront présentes dans le budget de financement, mais également dans le budget des encaissements et dans celui des décaissements.
  • Dettes fournisseurs: Le montant des dettes fournisseurs est directement fourni par le budget des décaissements des achats. Il s'agit alors de calculer la part des opérations non encore payées (ou de reporter le montant affiché dans la colonne Reste dû si cette information existe).
  • Dettes sociales et fiscales: Il s'agit principalement du montant de la TVA à décaisser du dernier mois et des cotisations sociales qui restent à payer. Il faut donc travailler avec le budget de TVA de la période et avec les charges de personnel prévisionnelles.
  • Total.
Son interprétation.

L'équilibre arithmétique de ce bilan prévisionnel permet évidemment de s'assurer que l'ensemble des flux prévisionnels traités par les différents budgets a bien été pris en compte dans les documents de synthèse.

Au-delà de cette vérification, la connaissance du bilan prévisionnel constitue un moyen de contrôler l'équilibre financier à venir de l'entreprise. Il permet, par exemple, de calculer le futur BFR, de le comparer au FRNG afin de mesurer son impact sur la trésorerie à venir.

La lecture de ce bilan permettra de valider les décisions prises, de confirmer l'évolution favorable de la structure financière et d'informer sur l'autonomie financière de l'entreprise vis-à-vis de ses prêteurs. Si des problèmes sont identifiés, des actions pourront alors être engagées pour prévenir leur apparition.

Enfin, il faut souligner que cette interprétation peut être utilement complétée par une comparaison dans le temps (à partir des précédents bilans) et dans l'espace (à partir des informations sur les entreprises du même secteur d'activité) du bilan prévisionnel de l'entreprise.

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