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Chapitre 5: L'ouverture des économies,

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PLAN: L'ouverture des économies

La mesures des échanges de biens et de services

  • Le compte des transactions courantes.
  • Les instruments de mesure des échanges.

L'évolution des échanges internationaux

  • La forte progression des échanges.
  • La diversité des degrés d'ouverture selon les secteurs.
  • La diversité des degrés d'ouverture selon les régions.

Les opérations de change

  • Le marché des changes: Une nécéssité pour les réglements internationaux.
  • Les décisions des agents économiques en fonction de l'évolution du taux de change: Les consommateurs.
  • Les décisions des agents économiques en fonction de l'évolution du taux de change: Les entreprises.

Enseignement et formation pédagogiques

SYNTHESE: L'ouverture des économies

La mesure des échanges de biens et de services.

Le compte des transactions courantes

Le compte des transactions courantes est un compte qui retrace l'ensemble des échanges entre la France et le reste du monde. Il se décompose en quatre postes:

  • les opérations sur biens (donnant lieu à l'établissement de la balance commerciale);
  • les opérations sur services;
  • les revenus des facteurs de production (salaires, dividendes, intérêts.);
  • les transferts courants (contributions aux ressources des budgets communautaires, dons.).

Au crédit du compte des transactions courantes sont enregistrés les exportations de biens et de services ainsi que les revenus et les transferts courants reçus de l'étranger.

Au débit de ce compte sont enregistrés les importations de biens et de services ainsi que les échanges de services, des revenus et transferts courants.

Le solde de la balance des transactions courantes (crédit - débit) est excédentaire lorsque les exportations de biens et de services ainsi que les revenus et les transferts courants reçus de l'étranger sont supérieurs aux importations et aux revenus et transferts courants versés à l'étranger. Dans le cas contraire, il est déficitaire.

Le déficit commercial de la France a atteint le record historique de 44,6 milliards d'euros en 2009, soit près de 5 milliards d'euros de plus qu'en 2008. 2009 est la sixième année consécutive de déficit des échanges commerciaux français. Cela est dû pour partie au renchérissement des produits énergétiques qui pèsent dans les importations.

Les instruments de mesure des échanges

Le degré d'ouverture d'une économie

On mesure le taux de participation d'un pays au commerce international de biens et de services grâce à son degré (ou taux) d'ouverture.

Degré d'ouverture = (Moyenne des exportations /PIB) X 100

Le degré d'ouverture au commerce international est très variable d'un pays à l'autre. Il dépend de la taille des pays et du degré de spécialisation de leur production.
Ainsi, des petits pays comme les Pays-Bas ou la Belgique ont des taux d'ouverture élevés (60 % et 77 %) alors que celui des états-Unis est de 9,3 % seulement du fait de la diversité de sa production lui permettant de moins dépendre de l'extérieur.
Le degré d'ouverture de la France est de 20 % en 2009.

Le taux de couverture

Le taux de couverture permet de comparer, pour une économie ou un secteur particulier, les exportations et les importations, celles-ci étant mesurées en valeur ou en volume. Si le commerce extérieur d'un pays est en équilibre, le taux de couverture est de 100 %.

Taux de couverture = (Valeurs des exportations / Valeurs des importations ) X 100

L'évolution des échanges internationaux

La forte progression des échanges

On assiste à une très forte croissance, en volume, du commerce international depuis le début du XXe siècle. Les exportations de marchandises ont été multipliées par près de 200 depuis la Seconde Guerre mondiale, et ont toujours cru à un rythme supérieur à celui de la production mondiale. Depuis les années 1980, le commerce mondial est passé de l'équivalent de 20 % à près d'un tiers du PIB mondial, augmentant ainsi l'interdépendance entre les économies nationales.

La diversité des degrés d'ouverture selon les secteurs

Le commerce mondial de marchandises.

Le commerce international des marchandises représente presque 80 % des échanges mondiaux.

Cependant, les trois catégories de marchandises n'ont pas connu la même progression:
  • les produits manufacturés représentent aujourd'hui près de 80 % du total et ont été multipliés par plus de 70 depuis 1950;
  • les produits des industries extractives et les produits agricoles connaissent une évolution plus modérée.

Au cours de la période récente, le commerce de produits des industries extractives, et en particulier du pétrole, a connu d'importantes fluctuations du fait d'une extrême volatilité des cours: forte baisse du pétrole en 1998, suivie d'une remontée en 2000, puis une ascension jusqu'à environ 150 $ le baril pendant l'été 2008.

Le commerce mondial de services.

Les services commerciaux sont relativement abrités de la concurrence internationale: ils représentent à peine plus de 20 % des échanges mondiaux en 2009. Toutefois, les échanges de services se sont considérablement développés: ils ont été multipliés par 6 entre 1987 et 2009. Leur croissance a été plus rapide que celle des biens jusqu'à la fin des années 1980, mais ce n'est plus le cas depuis. Cette moindre progression s'explique par la stagnation, voire la baisse des prix des services, par rapport aux échanges de marchandises et surtout par les mesures de protection des différents pays contre les prestataires de service étrangers.

La diversité des degrés d'ouverture selon les régions

Une inégale ouverture aux échanges selon les pays.

Depuis une cinquantaine d'années, les pays développés occupent une place prépondérante dans le commerce mondial, même si leur poids est en nette baisse depuis le milieu des années 2000. Ils réalisent aujourd'hui plus de la moitié des échanges mondiaux, pour les deux tiers jusqu'au milieu des années 2000. Autre caractéristique: ces pays commercent essentiellement entre eux.
On parle de La Triade pour désigner l'ensemble des trois pôles qui dominent l'économie mondiale: l'Amérique du Nord (états-Unis et Canada), l'Europe occidentale (Union européenne, Norvège et Suisse) et l'Asie-Pacifique (Japon et Corée du Sud).

L'Europe réalise d'ailleurs aujourd'hui plus de 30 % du commerce mondial, dont les deux tiers sont des échanges intra-européens.

L'évolution de la répartition géographique des échanges.

Le changement le plus notable réside dans la montée des pays du Sud, et notamment des pays asiatiques, dans le commerce mondial. Ils représentent aujourd'hui environ 46 % du commerce international, contre 30 % dans les années 1950. Les pays les moins avancés, comme ceux d'Afrique du Sud, ne participent que très faiblement au commerce international.

Les opérations de change.

Le marché des changes: une nécessité pour les règlements internationaux

Les modalités des règlements internationaux

Les pays échangent entre eux des biens, des services, des travailleurs et des capitaux. Ces échanges internationaux donnent ainsi lieu à des paiements internationaux, nécessitant des opérations de change. Une opération de change est une opération de conversion d'une monnaie dans une autre monnaie, appelée devise . Elle est nécessaire à un échange économique entre des agents économiques n'utilisant pas la même monnaie.
De manière générale, le taux de change est le prix relatif d'une monnaie par rapport à une autre. On parle aussi de la parité d'une monnaie . Par exemple, le taux de change de l'euro en dollar sera noté: 1 € = 1,4152 $ (taux de change au 12 mai 2011).

Le marché des changes.

Le marché des changes est le lieu de rencontre fictif (il n'a pas d'existence réelle, les opérations s'effectuant grâce à des intermédiaires) entre l'offre et la demande de devises, qui aboutit à la formation du taux de change. Par exemple, une offre supplémentaire d'euros sur le marché des changes pour obtenir des yens conduit, s'il n'y a pas d'autres opérations de change, à une hausse du yen (appréciation du yen) par rapport à l'euro (dépréciation de l'euro), si bien qu'il faudra davantage d'euros pour recevoir la même quantité de yens.

Inversement, une augmentation de la demande d'euros par rapport au yen entraînera une appréciation de l'euro par rapport au yen et une dépréciation du yen.
Issu de la contraction des termes anglais foreign et exchange , Forex est le surnom universellement donné au marché des changes, unique marché mondial qui fonctionne en continu, c'est-à-dire que les cours de change des différentes devises peuvent se modifier constamment, en fonction des offres et des demandes qui apparaissent à un endroit de la planète.

Les intervenants sur le marché des changes.
Plusieurs catégories d'acteurs interviennent sur le marché des changes:
  • les entreprises et les particuliers qui n'agissent pas directement mais transmettent aux banques et courtiers leurs ordres d'achat et de vente;
  • les banques et les courtiers jouant le rôle d'intermédiaire (les opérateurs sont appelés des cambistes, ils négocient sur le marché des changes). Ce sont les seuls opérateurs privés à intervenir directement sur le marché;
  • les Banques centrales intervenant sur le marché des changes pour réguler les fluctuations des cours et stabiliser leur monnaie ainsi que pour contrôler les changes.

Les décisions des agents économiques en fonction de l'évolution du taux de change

Les arbitrages des consommateurs.
a) Les critères de choix des consommateurs

Pour prendre leurs décisions d'achat, les ménages arbitrent en fonction du prix des biens et de leur budget, mais également en fonction d'autres facteurs, comme le degré de nécessité de chaque bien, l'image qu'ils veulent véhiculer par leur acte de consommation.

Aussi, l'évolution des taux de change a une influence sur le prix des biens et donc sur les décisions des ménages. En effet, une appréciation du taux de change par rapport aux autres devises a pour conséquence de rendre moins chers les produits étrangers par rapport aux produits nationaux: les ménages auront intérêt à choisir des produits importés. Inversement, une dépréciation des taux de change améliore la compétitivité des produits nationaux: les ménages auront intérêt à privilégier les produits nationaux.

b) L'élasticité de la demande par rapport aux prix

Cependant, ces arbitrages par rapport au prix seront fonction de l'élasticité-prix des différents biens: des produits ayant une élasticité faible seront peu sensibles aux variations du taux de change (voitures de luxe, produits de grande marque.).

L'élasticité de la demande par rapport au prix permet de mesurer l'effet d'une variation du prix sur les quantités demandées.

élasticité-prix de la demande =variation de la quantité demandée (en%) / Variation du Prix (en %)

Un bien est dit élastique quand la demande varie sensiblement suite à l'augmentation du prix (élasticité supérieure à 1).

Un bien est au contraire inélastique quand la demande est peu sensible aux variations de prix (élasticité comprise entre 0 et 1).

Ainsi, les biens essentiels ont, en général, une demande inélastique ou rigide, tandis que celle des biens de luxe est élastique. De même, les produits pour lesquels il existe des biens de substitution (satisfaisant le même type de besoin) sont plus élastiques.

Les arbitrages des entreprises.
a) La notion de compétitivité

Pour conforter leur stratégie, les entreprises doivent faire des choix en fonction de l'évolution de leur environnement (concurrence, évolution du marché, évolution des taux de change.) de manière à rester compétitives. La compétitivité peut reposer sur deux types de leviers:

  • la compétitivité-prix: une entreprise peut choisir de l'utiliser pour gagner des parts de marché. Elle repose sur la diminution du prix des biens ou des services qu'elle produit. Elle dépend des coûts de production (facteurs capital et travail), de l'objectif de marge que se fixent les entreprises et de l'évolution du taux de change;
  • la compétitivité-hors prix repose sur des facteurs autres que le prix: la capacité d'innovation, l'amélioration de la qualité, l'efficacité du réseau commercial, l'image de marque. Elle entraîne généralement une hausse des prix de vente, mais incite les consommateurs en recherche d'une meilleure qualité à acheter les produits de l'entreprise.
b) L'impact du taux de change sur les décisions de l'entreprise

L'évolution des taux de change a une influence sur les décisions des entreprises.

Une appréciation du taux de change par rapport aux autres devises a pour conséquence positive de rendre moins chers les produits étrangers par rapport aux produits nationaux, mais il pénalise aussi l'économie en diminuant la compétitivité-prix des exportations par l'augmentation du prix des produits nationaux pour les partenaires extérieurs.

Les entreprises verront ainsi le coût des produits importés diminuer, de même qu'elles auront peut-être intérêt à délocaliser leur production de manière à profiter de coûts relatifs moins importants du travail et des investissements dans des pays où la monnaie est moins chère.

Inversement, une dépréciation des taux de change améliore la compétitivité des produits nationaux, qui s'exporteront plus facilement, mais rend les importations plus onéreuses.

Cependant, toutes les entreprises ne sont pas également soumises à la variation des taux de change. Les plus touchées sont celles qui participent activement au commerce international (les multinationales) et/ou qui ont une stratégie basée sur la compétitivité-prix et qui sont peu innovantes, pénalisées par une moindre compétitivité de leurs exportations.

De même, certaines entreprises seront moins affectées par les variations du taux de change: celles qui importent et exportent beaucoup, et qui ont une structure de coûts en dollars (elles achètent et vendent en dollars, par exemple) ainsi que les entreprises qui innovent ou développent leur image de marque, limitant ainsi la concurrence directe et pouvant donc plus librement fixer leurs prix.

Pour une économie, la stabilité du taux de change, au-delà de son niveau, est également bénéfique pour la compétitivité; la volatilité et donc le risque des investissements étant moins grands.

Enseignement et formation pédagogiques