Chapitre 4: Quels sont les différents types de politiques économiques?

Penses à ton orientation.

Notre aide pour la lettre de motivation.

PLAN: Quels sont les différents types de politiques économiques?

  • Les objectifs de la politique économique.
  • Les modalités de la politique économique.
  • Le choix des politiques économiques.
  • La politique conjoncturelle.
  • La politique structurelle.

SYNTHESE: Quels sont les différents types de politiques économiques?

Les objectifs de la politique économique:

La politique économique est un ensemble de décisions prises par les pouvoirs publics en vue d'atteindre des objectifs relatifs à la situation économique d'un pays, à l'aide d'instruments et dans un univers de contraintes, lesquelles pèsent sur l'utilisation des instruments ainsi que sur la définition des objectifs.

La politique économique cherche, par le biais des objectifs qu'elle se fixe, à poursuivre des finalités relatives au bien-être de la société (justice sociale, solidarité nationale, réduction des inégalités, amélioration du niveau de vie). Les centres de décision, en matière de politique économique, sont généralement multiples: des décisions peuvent être prises au niveau national (gouvernement) ou au niveau supranational (exemples: l'Union européenne pour la politique agricole commune, la Banque centrale européenne pour la politique monétaire dans la zone euro).

La politique économique poursuit divers objectifs, comme limiter les déséquilibres économiques ou réguler les marchés et promouvoir la politique sociale de la nation. Les principaux objectifs de la politique économique de court terme sont représentés dans le carré magique proposé en 1971 par l'économiste britannique Nicholas Kaldor (1908-1986): plein-emploi, stabilité des prix, équilibre de la balance extérieure, croissance.

Ces quatre objectifs paraissent difficiles à atteindre simultanément, d'où l'expression de carré magique. En effet, une forte croissance permet le retour au plein-emploi mais s'accompagne généralement d'une hausse des prix (inflation) et d'une hausse des importations, qui creusent le déficit de la balance commerciale (exemple des États-Unis en 2006). À long terme, la politique économique a plus pour finalité d'assurer une croissance durable (qui ne dégrade pas la qualité de l'environnement) et de minimiser les inégalités sociales.

Les modalités de la politique économique:

Le libéralisme économique repose sur l'idée que le marché est le mode le plus efficace de régulation de l'activité économique et qu'il faut donc éviter toute intervention déstabilisante de l'État. Pour les libéraux, l'État doit se contenter de stimuler la compétition entre les firmes et de pallier les défaillances du marché en corrigeant, par exemple, les externalités qu'il génère. Son rôle revient alors souvent à juste établir un cadre institutionnel visant à assurer le bon fonctionnement des marchés et à garantir la libre concurrence: on parle alors de réglementation et de politiques de règles.

L'interventionnisme économique repose, au contraire, sur l'idée bien différente que l'État est le seul capable de limiter le chômage ou de favoriser la croissance. Pour les interventionnistes, le libéralisme débouche naturellement, voire inévitablement, sur du chômage que les interventions de l'État doivent permettre d'éviter. Il doit alors imposer ses choix et réguler l'économie par l'emploi de politiques économiques spécifiques, adaptables à tout moment: on parle alors de régulation de l'économie et de politiques discrétionnaires.

Notons, toutefois, qu'au sein d'une nation donnée, la politique économique n'est jamais totalement interventionniste ou libérale: elle évolue en fonction des périodes, des objectifs visés, des problèmes rencontrés.

Le choix des politiques économiques:

Les décideurs économiques ont le choix entre deux grandes catégories de politiques économiques.

La politique conjoncturelle vise à agir à court terme sur les déséquilibres de la situation économique, à l'aide d'instruments, dans un cadre institutionnel donné. Elle englobe principalement la politique budgétaire et la politique monétaire.

La politique structurelle s'efforce de modifier les structures de l'économie par des actions de long terme. Il s'agit de préparer et d'accompagner le pays aux changements économiques majeurs (industrialisation, désindustrialisation, mondialisation).

Elle passe souvent par des actions sur la formation des individus (pour mieux correspondre aux exigences des nouvelles technologies), le développement des infrastructures de transport et de communication, la recherche et le développement.

La politique conjoncturelle:

La politique budgétaire vise à agir à court terme sur la situation économique (emploi, croissance, inflation, balance extérieure) par l'intermédiaire du budget de l'État, c'est-à-dire les recettes fiscales (prélèvements obligatoires), les dépenses budgétaires et le solde budgétaire.

Deux orientations principales peuvent être données à la politique budgétaire:
  • Une politique budgétaire de relance (ou politique expansionniste) vise une croissance forte et le plein-emploi (par exemple, les politiques économiques menées en 2009 en Europe et aux États-Unis); dans ce cas, les moyens de la politique budgétaire sont la baisse des impôts et/ou la hausse des dépenses publiques;
  • Une politique budgétaire de rigueur vise à ralentir l'inflation et assainir les finances publiques, par le biais d'une réduction des dépenses publiques et d'une hausse des prélèvements obligatoires.

La politique monétaire, quant à elle, consiste à réguler la quantité de monnaie en circulation pour l'adapter aux besoins qui naissent de l'activité économique. Il convient d'éviter une hausse trop importante de la quantité de monnaie en circulation (politique monétaire trop expansionniste) pour limiter la hausse des prix des biens et des services, mais cette hausse doit être suffisante pour ne pas pénaliser les transactions entre les agents économiques (éviter une politique monétaire trop restrictive), ce qui freinerait l'activité économique.

Dans le cadre de la zone euro, la politique monétaire est du ressort de la Banque centrale européenne (BCE), laquelle privilégie une action sur les taux d'intérêt pour orienter l'évolution de la masse monétaire et, par là même, favoriser la stabilité des prix et l'atteinte des autres grands objectifs de politique économique.

La politique structurelle:

En 2000, le Conseil européen de Lisbonne a lancé la stratégie de Lisbonne dans le but de faire de l'Union européenne l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde et de parvenir au plein-emploi avant 2010.

Mais cette stratégie, aux objectifs trop ambitieux, s'est avérée être un échec, en particulier du fait de la crise de 2008. La stratégie Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive a succédé en 2010 à la stratégie de Lisbonne; son but est de relancer l'économie européenne après la crise, qui a montré les faiblesses économiques structurelles de l'Europe face au vieillissement de la population, à la mondialisation et à la raréfaction des ressources naturelles.

Cette stratégie est centrée sur trois axes:
  1. Une croissance intelligente développée à partir d'une économie fondée sur la connaissance et l'innovation;
  2. Une croissance durable soutenue par une économie plus efficace dans l'utilisation des ressources, plus verte et plus compétitive;
  3. Une croissance inclusive car encourageant une économie à fort taux d'emploi tout en favorisant la cohésion sociale et territoriale.

Pour atteindre ces objectifs, l'Europe s'appuie sur de nombreux instruments, parmi lesquels trois fonds structurels: le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen (FSE) et le Fonds de cohésion.

Enseignement et formation pédagogiques