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Chapitre 7: Comment s'organisent les échanges internationaux?

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PLAN: Comment s'organisent les échanges internationaux?

  • Le libre-échange.
  • Les pratiques protectionnistes et leurs justifications.
  • La régionalisation des échanges.
  • La mission de l'OMC: définir les règles du commerce international.
  • Les réalisations de l'OMC.

Enseignement et formation pédagogiques

SYNTHESE: Comment s'organisent les échanges internationaux?

Le libre-échange

Le libre-échange est une doctrine et une politique économique commerciale prônant la liberté de circulation de tous les biens économiques (biens, services, capitaux, monnaie) entre les pays et se traduisant par la réduction puis l'élimination des obstacles (tarifaires et/ou non tarifaires) aux échanges internationaux de ces biens.

Ainsi, Adam Smith, à la fin du XVIIIe siècle, explique que chaque pays a intérêt à participer à l'échange international en se spécialisant dans les productions pour lesquelles ses coûts de production sont inférieurs à ceux de tous les autres pays (avantage absolu). Il importera alors les productions qu'il ne sait pas produire ou celles dont les coûts de production sont supérieurs à leur prix à l'importation.

David Ricardo, au XIXe siècle, complétera ce raisonnement en démontrant qu'un pays qui ne possède aucun avantage absolu peut tout de même participer à l'échange international en se spécialisant dans les productions pour lesquelles il est le moins désavantagé, c'est-à-dire là où son retard en termes de coûts de production est le plus faible par rapport à ses concurrents étrangers (la plus petite infériorité ou le désavantage relatif le moins fort). Il abandonnera les productions pour lesquelles l'écart avec les autres pays est le plus important.

D'autres auteurs expliqueront plus tard que l'origine des avantages comparatifs décrits par Ricardo serait liée à l'inégale abondance des facteurs de production (travail, capital, terre.) au sein de chaque pays. Selon ces auteurs, chaque pays a intérêt à se spécialiser et à exporter la production qui utilise une quantité importante des facteurs de production en abondance chez lui et qui sont donc peu coûteux. À l'inverse, il doit importer les produits incorporant en quantité les facteurs de production rares chez lui et donc onéreux.

On peut ajouter que le libre-échange, dont les bienfaits ont été constatés pendant la période des Trente Glorieuses:
  • Incite les entreprises à être plus compétitives (réalisation d'économies d'échelle) pour faire face à la concurrence étrangère;
  • Favorise la croissance car la concurrence et l'accès à des marchés plus vastes provoquent la baisse des prix, donc une hausse de la consommation, des exportations.

Les pratiques protectionnistes et leurs justifications

Le protectionnisme est une politique économique qui, par des mesures tarifaires et non tarifaires, vise à limiter les importations d'un pays pour favoriser et/ou protéger la production nationale de la concurrence étrangère.

On distingue deux grands types d'instruments protectionnistes:

Les barrières tarifaires sont des taxes ou droits de douane prélevés sur les produits importés pour les rendre plus chers afin de réduire leur consommation ou d'orienter la consommation nationale vers des produits nationaux devenus plus compétitifs;

Les barrières non tarifaires (ensemble de mesures visant à limiter les quantités de biens importés) regroupent, notamment:

  • Les contingentements d'importation (limitations annuelles des quantités importées),
  • Les barrières réglementaires (normes de sécurité, normes techniques, sanitaires ou administratives plus ou moins tatillonnes pour augmenter le coût des importations et/ou le délai d'entrée sur le territoire national.),
  • Les subventions publiques à la production et/ou à l'exportation (dons de l'État pour baisser artificiellement les coûts de production des entreprises nationales et donc leur prix de vente dans le pays et/ou à l'étranger),
  • Le dumping (pratique consistant à vendre à un prix volontairement inférieur à son coût de revient, en particulier sur les marchés extérieurs),
  • Le dumping social (situation de non-respect par un producteur des règles sociales pour minimiser les salaires, améliorer sa compétitivité-prix.).

Aujourd'hui, le protectionnisme n'a pas disparu: le protectionnisme tarifaire recule sous l'impact du GATT puis de l'OMC, alors que le néoprotectionnisme (barrières non tarifaires comme les normes sanitaires et techniques, les subventions.) est bien présent. Les principales raisons expliquant le recours au protectionnisme sont variées.

Elles peuvent être liées à la volonté de protéger une industrie jeune (protectionnisme éducateur ou offensif de Friedrich List) ou vieillissante (protectionnisme défensif de Nicholas Kaldor) ou encore considérée comme stratégique (armement, nucléaire), de défendre des emplois menacés, de réduire le déficit commercial en limitant les importations, d'augmenter les recettes fiscales de l'État.

Mais le protectionnisme connaît des limites. En effet, en réduisant la concurrence, il a pour conséquences: des prix plus élevés, un choix limité de produits, une moindre innovation, des ententes entre producteurs nationaux, un retard dans les mutations industrielles nationales.

La régionalisation des échanges

La régionalisation des échanges se caractérise par le développement des échanges intra-zones (c'est-à-dire à l'intérieur d'une zone régionale) dans le cadre d'accords régionaux de formes multiples (ex.: ALENA, Mercosur, Union européenne) concernant des économies indépendantes et géographiquement proches.

Ces accords résultent d'une volonté d'intégration économique, qui est un processus par lequel plusieurs pays décident de constituer un même espace économique au sein duquel les obstacles aux échanges tendent à être éliminés.

Cette intégration est plus ou moins poussée et, à la suite de l'économiste B. Balassa, on distingue en général cinq étapes dans ce processus d'intégration économique:

  • La zone de libre-échange: accord prévoyant l'abolition des droits de douane et des barrières non tarifaires (restrictions quantitatives) entre les pays (exemple: l'ALENA);
  • L'union douanière: zone de libre-échange + tarif extérieur commun (exemple: l'union douanière entre la Turquie et l'Union européenne, élargie aux dix nouveaux entrants le 29 juillet 2005);
  • Le marché commun: union douanière + libre circulation des hommes et des capitaux (exemple: l'objectif initial du traité de Rome, confirmé par l'Acte unique de 1986, réalisé en 1993, avec la mise en place du Marché unique, qui prévoit, en plus, la liberté d'installation des travailleurs; autre exemple: le Mercosur);
  • L'union économique: marché commun + harmonisation des politiques économiques des pays membres (exemple: l'UE des 27);
  • L'union économique et monétaire: union économique + création d'une monnaie commune et d'une Banque centrale gérant la politique monétaire pour l'ensemble de la zone (exemple: l'UEM composée de 17 pays).

On pourrait ajouter l'ultime étape d'intégration économique: l'union politique, qui suppose un approfondissement des formes de coopération au-delà de l'économie, du social et de la monnaie avec des politiques étrangère, de sécurité ou de défense communes., ce qui suppose la mise sur pied d'une autorité politique supranationale à compétences élargies. À ce jour, il n'existe pas d'accord aussi poussé.

Contrairement à une idée reçue, la régionalisation ne s'oppose pas au multilatéralisme puisque les blocs régionaux entraînent un essor des échanges et des investissements pour les pays membres d'un bloc mais aussi pour les pays tiers. L'ALENA, l'Union européenne ou l'ANASE (ASEAN) constituent de bons exemples où régionalisation et croissance des échanges mondiaux interagissent positivement.

La mission de l'OMC: définir les règles du commerce international

L'objectif de l'OMC est la libéralisation des échanges internationaux de marchandises en réduisant les obstacles tarifaires, tout en imposant le respect de règles de concurrence loyale:

  • La clause de la nation la plus favorisée: tout avantage accordé par un pays à un autre doit être automatiquement appliqué aux autres pays membres de l'OMC, à l'exception des accords régionaux; c'est le multilatéralisme (qui s'oppose au bilatéralisme: deux nations s'accordent des avantages respectifs en continuant de se protéger à l'égard des autres pays);
  • Le principe du traitement national: une fois payés les droits de douane appliqués à un produit importé, ce dernier doit être traité de la même façon qu'un produit national;
  • Le principe de réciprocité: tout pays qui bénéficie d'un avantage tarifaire accordé par un membre doit en proposer un en contrepartie;
  • Le principe de l'interdiction du dumping (c'est-à-dire ne pas vendre un bien exporté à un prix inférieur à celui pratiqué sur le marché domestique) et des subventions à l'exportation conduisant à une concurrence déloyale en exportant à un prix inférieur aux coûts;
  • Le principe de consolidation: chaque pays s'engage à diminuer les droits de douane avec impossibilité de les augmenter à nouveau;
  • La suppression de toute limitation quantitative des importations: en principe, les barrières non tarifaires sont interdites (contingentements.).

Les réalisations de l'OMC

Le développement des échanges

Le développement considérable des échanges internationaux depuis le milieu du XXe siècle a été rendu possible par le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), Accord général sur les tarifs et le commerce signé en 1947 par 23 pays, auquel a succédé, le 1er janvier 1995, l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

La mise en pratique des règles de l'OMC s'est faite à travers huit cycles de négociations commerciales multilatérales (NCM), ou Rounds, de 1947 à 1994, qui ont permis:

  • L'abaissement continu des droits de douane (de 40 % à moins de 5 % sur les produits industriels);
  • La diminution des pratiques de mesures non tarifaires;
  • La libéralisation progressive des échanges.

Cela a entraîné une croissance des exportations de marchandises de 6 % par an en moyenne depuis 60 ans et, au-delà, a contribué à favoriser la croissance mondiale. En outre, l'OMC s'efforce d'assurer la continuité des NCM à venir, en particulier pour ce qui concerne les services, les droits de propriété intellectuelle.

Le règlement des différends commerciaux

L'OMC, qui compte 159 membres au 2 mars 2013:
  • Veille au respect de l'application des accords passés entre les pays signataires;
  • Propose le règlement des différends commerciaux pouvant surgir entre plusieurs pays membres via l'Organe de règlement des différends (ORD).

Malgré le rôle positif de l'OMC dans la mise en place de règles commerciales favorisant la libéralisation des échanges et la croissance mondiale, cette organisation fait l'objet d'un certain nombre de critiques de la part des altermondialistes, des salariés, des PMA.

Enseignement et formation pédagogiques